AVC et Covid-19 : liaisons dangeureuses

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A la faveur de la Journée mondiale de lutte contre l’accident vasculaire cérébral (AVC) le 29 octobre et alors que la deuxième vague de Covid-19 sévit déjà sur le territoire, l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild fait le point sur l’impact du virus sur la prise en charge des AVC pendant la première vague de l’épidémie : taux de décès inhabituels, inefficacité inquiétante des traitements standards et pistes de recherche en cours pour proposer des perspectives d’amélioration. Les causes de l’inquiétude sont plurielles. Tout d’abord, la saturation des services d’urgences hospitalières par l’afflux massif de patients Covid+ a allongé significativement les délais de prise en charge de ceux victimes d’AVC. Le temps moyen nécessaire à la prise en charge globale (de la confirmation du diagnostic à la désobstruction) a bondi d’1h30 en avril 2020. Or dans cette pathologie, même si les symptômes sont plutôt bien connus de la population générale, chaque minute compte et la rapidité d’intervention est cruciale pour limiter les séquelles ainsi que le nombre de décès, alarme la Fondation, par ailleurs leader depuis 2019 du projet de recherche Booster, qui se donne cinq ans pour  faire émerger une médecine personnalisée des AVC en situation d’urgence.

Au-delà de l’organisation, le coronavirus a bel et bien aggravé le tableau clinique des patients : imagerie inhabituelle (fréquence accrue d’un sous-type grave d’AVC bouchant deux vaisseaux simultanément) ; inefficacité des traitements standard comme la thrombolyse (dissolution du caillot par injection intraveineuse, ndlr), probablement due à l’inflammation et l’hypercoagulation liées à l’infection virale, avance Simon Escalard, neuroradiologue interventionnel à l’Hôpital Foch de Suresnes ; d’où un risque de récidive plus important. Sans compter la forte surmortalité et la sévérité des handicaps postérieurs à l’AVC. Tout semble plus grave et se dégrader beaucoup plus vite avec le Covid-19. Toutes les limites de nos traitements ont été exacerbées dans ce contexte, déplore Jean-Philippe Désilles, médecin-chercheur à la Fondation et spécialiste de l’AVC. Post première vague épidémique, le projet Booster cherche désormais à développer des médicaments ou des dispositifs innovants pour disposer d’une palette plus large de traitements, pouvant être utilisés seuls ou combinés en fonction du profil du patient, explique Mikael Mazighi, neurologue et pilote du projet.

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