Vaccin Covid-19 : la liste des personnes prioritaires en 5 étapes dévoilée par la HAS

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La vaccination se fera en 5 phases, avec l’objectif de protéger en priorité les personnes susceptibles de faire des formes graves, ainsi que les soignants. La première phase va démarrer avec les résidents des Ehpad.

Pour lutter contre le Covid-19, les Etats ont mis en place des stratégies basées sur la distanciation sociale, les gestes barrière et le dépistage plus ou moins massif de la population. Côté traitements, la recherche avance, mais les pistes demeurent encore fragiles. Alors, l’arrivée prochaine de vaccins pourrait nous apporter une arme supplémentaire.

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“Ces vaccins représentent un vrai espoir de sortir de cette épidémie, une vraie lueur au bout du tunnel”, souligne ce lundi matin, Pr Dominique Le Guludec, présidente de la Haute autorité de santé (HAS), avant de dévoiler les recommandations vaccinales.

La HAS précise que celles-ci sont faites en fonction des données disponibles. “Ces recommandations seront à actualiser et à adapter en fonction des données sur chaque vaccin, de leur disponibilité effective et des tensions éventuelles sur l’approvisionnement”. Elle rappelle également que la vaccination doit être “volontaire”, fondée sur une information “claire et transparente”.

Les recommandations de la Haute autorité de santé répondent à un double objectif : réduire les hospitalisations et les décès, tout en préservant les activités essentielles du pays, particulièrement celles du système de santé pendant l’épidémie. “Le fil rouge : protéger les plus vulnérables et ceux qui s’en occupent”, résume Pr Le Guludec.

Aujourd’hui, on sait que les vaccins auront une efficacité pour protéger les personnes vulnérables, qui risquent de faire des formes sévères, voire d’en mourir. Mais pour l’heure, on ne dispose pas de données pour savoir si les vaccins seront efficaces pour limiter la transmission du virus, donc en préventif. La stratégie est donc basée sur le bénéfice individuel, et non sur le bénéfice collectif. “Pour les personnes qui n’ont pas de risque individuel, l’efficacité des vaccins sur la contagiosité n’est pas connue à ce stade, souligne Pr Elisabeth Bouvet (HAS). De plus nous n’avons pas de visibilité totale sur le nombre de doses disponibles dans les semaines et mois à venir. C’est pourquoi nous agissons en priorité sur les personnes vulnérables, touchées par les formes sévères, qui peuvent en mourir, donc en priorité les personnes âgées en établissement médicalisé.”

Qui est prioritaire pour être vacciné en premier ? 

Le plan de vaccination a été détaillé ce 30 novembre par la HAS. Deux critères principaux ont été pris en compte pour établir cette priorisation :

  • L’existence d’un facteur de risque individuel de développer une forme grave de la maladie, à savoir l’âge (à partir de 50 ans) et les comorbidités.

Liste des pathologies à risque : obésité (IMC >30) en particulier chez les plus jeunes, BPCO et insuffisance respiratoire, hypertension artérielle compliquée, insuffisance cardiaque, diabète de types 1 et 2, insuffisance rénale chronique, cancers récents de moins de trois ans, transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques et trisomie 21.

D’autres pathologies ou formes de handicap pourront être intégrées au fur et à mesure de l’acquisition des connaissances.

  • L’exposition accrue au virus 

Il s’agit des professionnels de santé médicaux, les paramédicaux et auxiliaires médicaux, les brancardiers ainsi que les travailleurs sociaux et les personnels du secteur des services à la personne susceptibles d’accueillir et d’être en contact avec des patients infectés par le SARS-CoV-2.

Une vaccination progressive en 5 étapes

La HAS a identifié cinq phases. Les trois premières couvrent la phase critique d’initiation de la campagne de vaccination et ont pour objectif de permettre la vaccination de l’ensemble des personnes à risque de forme grave de Covid-19 afin de réduire les hospitalisations et les décès et les personnes qui sont fortement exposées au virus. Les deux phases suivantes devraient permettre d’ouvrir largement la vaccination aux plus de 18 ans sans comorbidités et seront précisées au fur et à mesure de l’atteinte des objectifs des phases précédentes.

  • Phase 1, à l’arrivée des toutes premières doses : les résidents et professionnels de santé à risque des Ehpad 

Un peu moins d’1 million de personnes seront visées.

Qui ? Compte tenu du nombre limité de doses qui seront disponibles au démarrage de la campagne de vaccination, la HAS recommande de vacciner en priorité des priorités les personnes âgées résidant en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou tout autre hébergement collectif (unités de soins de longue durée). “Représentant un tiers des décès, ce sont les premières victimes de la maladie depuis le début de l’épidémie”, rappelle la HAS.

Par ailleurs, la HAS recommande de commencer à vacciner dans cette première phase les professionnels du secteur de la santé, du secteur médico-social et du transport sanitaire de plus de 65 ans avec ou sans comorbidités, amenés à être en contact prolongé et régulier avec des personnes susceptibles d’être infectées par le Sars-Cov-2. Il s’agit ainsi des professionnels des EHPAD, des unités de soins de longue durée (USLD).

  • Phases 2 : les plus de 75 ans en priorité puis à terme les plus de 65 ans sans facteur de risque et professionnels de santé à risque

15 millions de personnes environ seront visées par cette deuxième phase.

Qui ? Pour cette seconde phase – et dès lors qu’un nombre plus important de doses sera disponible – la HAS recommande de vacciner les personnes ayant plus de 75 ans, puis les personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité, puis les autres personnes de 65-74 ans (sans comorbidités). La HAS recommande par ailleurs de poursuivre la vaccination des professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire, en priorisant les professionnels âgés de plus de 50 ans ou présentant une comorbidité, quel que soit leur mode/lieu d’exercice.

  • Phase 3 : les plus de 50 ans et les moins de 50 ans avec facteur de risque, tous les professionnels de santé et hors médicaux (sécurité, éducation…)

L’objectif reste la réduction des hospitalisations et des décès.

Qui ? La HAS préconise de vacciner l’ensemble des personnes plus de 50 ans ou de moins de 50 ans mais à risque de forme grave du fait de leurs comorbidités ainsi que l’ensemble des professionnels du secteur de la santé et du médico-social.

Mais aussi, la vaccination des professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays pourra être entreprise et déterminée par le gouvernement, secteurs de la sécurité ou de l’éducation par exemple.

  • Phases 4 et 5 : élargissement de la vaccination au plus grand nombre (après 18 ans), plus tardivement

Une fois ciblées toutes les personnes (professionnels ou individus) les plus à risque, la quatrième phase aura pour objectif de vacciner les personnes fortement exposées au virus du Sars-Cov-2 et qui n’auraient pas été vaccinées antérieurement :

Les moins de 50 ans et sans comorbidité. Cela concerne notamment les professionnels dont l’environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos…)

-Mais aussi les personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d’infection par la Covid-19 (résident en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenus…).

La 5e phase devrait démarrer après l’été. La HAS estime qu’à cette cinquième phase – sous réserve que les allocations de doses vaccinales auront été suffisantes pour vacciner chacune des populations prioritaires – la vaccination des personnes de plus de 18 ans et sans comorbidité pourrait alors être initiée. Il n’y aura pas d’autorisation de mise sur le marché des vaccins pour les moins de 18 ans. Les enfants étant peu à risque de formes graves, ils ne sont pas concernés par la vaccination.

Quand les premiers vaccins seront-t-ils disponibles ?

“Dans le meilleur des cas, on pourrait avoir une autorisation par l’Agence européenne du médicament d’ici la fin du mois de décembre, ce qui permettrait de démarrer la vaccination vers les publics prioritaires fin décembre ou début janvier”, a encore indiqué Olivier Véran, lors du point presse du gouvernement ce 26 novembre.

Selon le Journal du dimanche (29 novembre), le candidat vaccin Pfizer-BioNTech, attendu pour la mi-décembre, pourrait être proposé à 1,5 million de Français dès le mois de janvier, sous la forme de deux injections (une piqûre suivie d’un rappel 21 à 28 jours après). Le problème va être logistique alors que se posent des questions sur l’approvisionnement et sur la conservation de ce vaccin à très basse température (-70°C). Agnès Pannier Runacher, a évoqué 130 lieux répartis dans le pays.

Dans un second temps, les arrivées des vaccins concurrents de Moderna et – si les nouveaux essais cliniques sont concluants – d’AstraZeneca pourraient faciliter une immunisation plus large, ces produits se conservant dans de simples réfrigérateurs. Les médecins libéraux seraient alors sollicités en première ligne, avec les pharmaciens et les infirmiers.

Enfin, au printemps, une campagne de masse devrait succéder à cette opération ciblée, avec l’arrivée d’autres vaccins, notamment le français Sanofi.

Comment va se dérouler la campagne de vaccination anti-Covid ?

Un document présentant la campagne de vaccination sera publié mi-décembre. Celui-ci est élaboré avec l’implication de toutes les parties prenantes -associations usagers, associations de patients, professionnels de santé-. “La France est un pays qui doute, a d’ailleurs commenté Olivier Véran, il faut apporter toutes les réponses en toute transparence.”

Car tout l’enjeu est que les Français adhèrent à la vaccination. Sans couverture vaccinale élevée, la vaccination perd de son efficacité. Pour rappel, lors de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1, 8% des Français seulement s’étaient fait vacciner.

Tous les acteurs doivent adhérer. La HAS estime qu’il faudra tout dire, “ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas”. Une condition indispensable pour “gagner la confiance du public mais aussi des professionnels de santé et en particulier des médecins traitants”.

Le vaccin sera-t-il obligatoire ?

“Je veux aussi être clair : je ne rendrai pas la vaccination obligatoire”, a affirmé Emmanuel Macron. De son côté, la HAS ne la recommande pas non plus, soulignant au passage que l'”on ne sait pas si on aura toutes les doses nécessaires”, mais que “cela pourra évoluer par la suite”.

La HAS n’y est pas favorable à ce stade. Mais elle laisse la porte ouverte : “On se reposera peut-être la question en fin de phase 3, compte tenu de l’acceptabilité de la vaccination, de son efficacité réelle, de la situation épidémique, de la situation dans les hôpitaux… souligne Pr Elisabeth Bouvet, ce 30 novembre. Il ne faut pas se priver d’évoquer éventuellement la possibilité de s’interroger à nouveau sur l’obligation. Car si on a besoin d’un taux de vaccination plus élevé pour mettre fin à l’épidémie, peut-être qu’on y sera résolu. On espère que non à ce stade.”

Qui pourra vacciner ? Où pourra-t-on se faire vacciner ?

Les modalités pratiques du déroulement de la campagne de vaccination ne sont pour l’heure pas connues. Ce qui est certain c’est que la HAS souhaite mettre le médecin traitant au centre du dispositif car les personnes ciblées en priorité sont souvent suivies pour des pathologies chroniques. Les infirmiers ou pharmaciens pourraient être associés.

Que sait-on des effets secondaires ?

À ce stade, nous disposons des données des essais cliniques : sur 40 000 volontaires, aucun effet indésirable grave n’a été relevé pour les vaccins de Pfizer et de Moderna, exceptés une inflammation locale et une légère fièvre. Le suivi des volontaires va se poursuivre jusqu’à la commercialisation des vaccins, ce qui représente au moins 3 mois de recul. Ensuite, comme pour toute mise sur le marché de vaccin ou de médicament, la pharmacovigilance sera renforcée afin de suivre les effets indésirables. Les agences sanitaires des différents pays vont recenser tous les effets secondaires chez les vaccinés.

En France, l’ensemble des acteurs répètent que la vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations : “ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas”. L’épidémiologiste et membre du conseil scientifique Arnaud Fontanet a souligné le 26 novembre sur RMC/BFMTV : “Des effets indésirables vont arriver, on le sait, y compris des graves, il y en a toujours, a-t-il indiqué. Le problème, c’est qu’ils sont très rares.” Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France réclame dans le JDD du 29 novembre, en plus du système habituel de pharmacovigilance, la création d’un recueil exhaustif de toutes les données liées à la vaccination (nom du patient, date de l’injection, références du vaccinateur et du lot, etc.) par “une nouvelle base informatique”. Il demande également “la création d’une consultation de prévention pour les personnes à risque, dès décembre, afin de leur parler des bénéfices attendus du vaccin.”

Comment choisir son vaccin ?

Ce qu’il faut comprendre, c’est que plusieurs vaccins arriveront successivement. Les recommandations vaccinales sont élaborées par la Haute autorité de santé, pour dire qui peut se faire vacciner et avec quel vaccin.

Les recommandations dépendent des objectifs recherchés, eux-mêmes liés aux performances des vaccins : préviennent-ils les formes graves et les décès ? Préviennent-ils l’infection et la transmission de la maladie ? Pour l’heure, “on ne sait pas si la vaccination a un impact sur la transmission du virus, on n’a pas encore les données et cela prend du temps”, explique l’expert en vaccinologie et Vice-Président de la Commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé à la HAS, le Pr Daniel Floret. Conséquence directe : la campagne vaccinale cible en priorité les personnes les plus vulnérables.

Dernier élément, les recommandations doivent permettre de maintenir l’activité de soin du pays. En clair, il s’agit aussi indirectement de protéger les Français en protégeant les soignants.

Les vaccins seront-ils efficaces pour conférer une immunité ?

“On ne sait pas tout de l’immunité naturelle mais il semble que lorsqu’on a été malade, on a une protection, le nombre de cas documentés de récidives est très faible, a commenté Daniel Floret, expert à la Haute autorité de santé. Quant à l’immunité vaccinale, ce n’est pas l’immunité innée. “Le vaccin ne protège pas forcément de la même façon que la maladie. On le saura avec les résultats des essais.” Combien de temps le vaccin sera-t-il efficace ? On ne sait pas non plus, pour le moment. Mais ce qui est clair, c’est que “la vaccination reste la manière la plus efficace de lutter contre les maladies infectieuses.”

Qui décide de la stratégie vaccinale ?

C’est la Commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé (HAS), qui est chargée d’élaborer la stratégie vaccinale et le calendrier des vaccinations, tout en assurant une veille scientifique des connaissances sur l’immunité et la vaccination. D’autres entités entrent en jeu dans la politique vaccinale : l’Agence du médicament, le ministère de la Santé, Santé Publique France, une “task force vaccin” (un commando interministériel de plusieurs dizaines de personnes, piloté par le haut fonctionnaire Louis-Charles Viossat), le Comité scientifique… Le tout en étroite coordination avec l’Europe et l’OMS.

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