La menace silencieuse des débris spatiaux

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Le nouveau rapport de l’Esa sur l’environnement spatial est paru et fait état d’un constat inquiétant: les débris spatiaux continueraient de se multiplier autour de la Terre, tandis que les mesures de gestion de ces déchets n’avanceraient qu’à petit pas. La solution, explique l’agence, ne viendra pas d’une seule entité mais d’une coordination internationale.

La question des débris spatiaux est une véritable préoccupation pour quiconque souhaite lancer un appareil dans l’espace en toute sécurité. Pour les futurs explorateurs lunaires et martiens, ils sont un obstacle plus tangible que les ceintures de van Allen et leurs particules dangereuses énergétiques. Et pour ceux et celles qui résident à bord de l ‘ISS, ils sont une menace constante qu’il est impératif de surveiller en permanence. Malheureusement, leur nombre est loin d’être sur le déclin, ainsi que l’indique le nouveau rapport annuel de l’Esa.

L’espace croissant occupé par les débris spatiaux augmente le risque de collisions. En rouge (PL) = charge utile; orange (RB) = corps de fusée; vert foncé (RM) = objet lié à la mission de la fusée. © Esa

Une augmentation explosive

Le nombre de débris encombrant notre orbite n’augmente pas seulement avec le nombre d’objets que nous envoyons dans l’espace, mais également avec les collisions et même les explosions qui peuvent y survenir. « Les explosions en orbite, par des restes d ‘énergie – carburant et batteries – à bord des vaisseaux spatiaux et des fusées, sont le principal facteur contribuant au problème actuel des débris spatiaux », alerte Holger Krag, en tête du programme de sécurité spatiale. Néanmoins, avec l’espace croissant occupé par les débris spatiaux, les experts pensent que les collisions pourraient à l’avenir prendre le dessus sur cette tendance.

Réduire ses déchets spatiaux: un effort collectif

« Compte tenu de l’augmentation constante du trafic spatial, nous devons développer et fournir des technologies permettant de rendre les mesures de la prévention contre les débris infaillibles, et c’est ce que fait l ‘ESA dans le cadre de son programme de sécurité spatiale. »Cependant, la gestion des débris spatiaux n’est pas seulement l’affaire de l’Europe. Elle demande une auto-discipline au niveau international. « En parallèle, les régulateurs doivent surveiller plus l’état des systèmes spatiaux ainsi que l’adhésion mondiale à la réduction des débris sous leur juridiction. »

Si les satellites ou les charges utiles qui ont été classés en orbite basse font de plus en plus l’objet de mesures de gestion durable, les progrès sont lents. En bleu clair: absence de mesure; bleu foncé: mesure prix sans succès; vert: mesure réussie. © Esa

Néanmoins, il semblerait que les progrès dans ce domaine soient encore timides: « Bien que plusieurs mesures soient en place depuis des années pour empêcher ces phénomènes, nous n’observons aucune diminution du nombre de ces événements. La tendance à gérer les déchets en fin de mission s’améliore, mais elle le fait lentement », Poursuit Krag. C’est pourquoi, dans son rapport, l’Esa émet une série de recommandations pour un espace propre et sûr:

  • créer des engins résistants aux conditions de l’espace et qui ne diffusent pas de «s’émousser»;
  • prévenir les explosions en libérant l’énergie résiduelle;
  • désorbiter les missions terminées ou les stocker dans un «cimetière orbital»;
  • programmeur les trajectoires pour éviter les collisions et réaliser des manœuvres d’évitement si besoin.

« Nous avons développé des changements fondamentaux dans la façon dont nous utilisons l’espace, souligne Tim Florer, à la tête du Bureau des débris spatiaux à l’Esa. Pour continuer de bénéficier des progrès scientifiques, de la technologie et des données qu’apporte l’espace, il est essentiel que nous parvenions à mieux respecter les directives définies en matière de réduction des débris spatiaux, dans la conception et l’exploitation d’engins spatiaux. On ne le soulignera jamais assez: ceci est essentiel pour l’utilisation durable de l’espace. »

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