Covid-19 : Pfizer annonce que son candidat vaccin est “efficace à 90%”

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Le vaccin développé par Pfizer (Etats-Unis) et BioNTech (Allemagne) est “efficace” à 90% pour prévenir les infections à Covid-19 selon l’essai de phase 3 mené à grande échelle. On fait le point sur les recherches en cours.

Le patron de l’OMS a salué des “nouvelles encourageantes” : les laboratoires Pfizer et BioNTech annoncent ce lundi 9 novembre que le vaccin actuellement en développement en essai de phase 3 est efficace à 90%. Est-ce suffisant ? On estime que si la couverture vaccinale était autour de 70%, il faudrait une efficacité de 80% donc c’est un bon résultat, même s’il faut attendre les résultats définitifs publiés.

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Coronavirus (covid 19) : direct en France

Ce lundi aussi, la Haute autorité de santé a lancé une consultation publique sur la vaccination contre le coronavirus. Fin juillet dernier, elle avait déjà identifié les personnes prioritaires, à savoir les professionnels de santé et du médico-social ainsi que les personnes à risque de formes graves de Covid-19 (personnes âgées de plus de 65 ans, personnes présentant une comorbidité).

Désormais, elle veut recueillir l’avis des différents publics concernés (associations de patients, sociétés savantes, collèges nationaux professionnels, ordres des professionnels de santé, syndicats de professionnels de santé, etc.) pour enrichir le document et y apporter des ajustements. L’objectif, être prêt quand un vaccin sera disponible.

Au total, l’OMS dénombre une centaine de candidats-vaccins contre le Covd-19 en phase préclinique, 42 sont actuellement testés sur l’homme à travers le monde et 9 laboratoires ont débuté les essais de phase 3. Après les phases 1 et 2 qui évaluent la sécurité, l’efficacité thérapeutique ainsi que les doses adaptées des produits, la phase 3 vise à tester le vaccin à grande échelle sur des volontaires de différents pays afin de confirmer son efficacité en vie réelle. En résumé, les essais doivent répondre à deux questions : le vaccin protège-t-il ? Et est-il sûr ?On fait le point sur l’avancement des vaccins dans le monde.

Vaccin Pfizer/BioNTech (USA, Allemagne)

C’est une bonne nouvelle : le vaccin développé par le géant pharmaceutique américain Pfizer, partenaire du fabricant de médicaments allemand BioNTech, serait “efficace à 90%”. C’est en tout cas, ce qu’affirment ces deux laboratoires lundi 9 novembre après l’analyse intermédiaire de leur essaie de phase 3. Le communiqué précise que la protection du vaccin a été obtenue 28 jours après la première dose et 7 jours après la deuxième dose.

“Nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid-19”, a déclaré le Président de Pfizer, Albert Bourla.

Les laboratoires prévoient de demander une autorisation d’urgence pour leur vaccin contre le Covid-19 auprès des autorités américaines dès la troisième semaine de novembre. Et si l’approbation réglementaire est obtenue, Pfizer et BioNTech espèrent fournir jusqu’à 50 millions de doses d’ici à la fin de l’année 2020 et environ 1,3 milliard de doses d’ici à la fin 2021.

Si l’étude se révèle concluante, elle permettra de développer le 1er vaccin à base d’ARN messager (ARNm). Ce candidat-vaccin encode pour la plus grande séquence de la protéine S (protéine “spike”), présente à la surface du SARS-CoV-2.

L’étude clinique de phase 2/3, qui a démarré fin juillet avait pour objectif d’inclure plus de 33 000 volontaires âgés de 18 à 85 ans, sur une centaine de sites dans le monde, dont 39 Etats des Etats-Unis, mais également dans des pays où l’on s’attend à une circulation importante du SARS-CoV-2, tels que l’Argentine et le Brésil.

Le 9 septembre, la Commission européenne avait annoncé avoir trouvé un accord préliminaire pour obtenir 200 millions de doses d’un potentiel vaccin contre le coronavirus développé par BioNTech/Pfizer, avec l’option d’en acquérir 100 millions de doses supplémentaires. L’approvisionnement en vaccins pour l’UE serait assuré par les sites de production de BioNTech en Allemagne et de Pfizer en Belgique.

Vaccin Sanofi-GSK (France et Royaume-Uni)

Le Français Sanofi et le laboratoire britannique GSK avancent en duo sur un candidat-vaccin. Sanofi développe un vaccin qui utilise une protéine recombinante déjà employée pour produire un vaccin contre la grippe saisonnière et GSK apporte son expertise sur le développement de l’adjuvant (élément ajouté au vaccin pour améliorer son efficacité pour une moindre dose) .

L’essai clinique de phase 1/2 a démarré début septembre, avec au total, plus de 400 participants recrutés. Sous réserve de données positive à l’issue de cet essai, les deux laboratoires prévoient un passage en phase 3 à la fin de 2020, pour une fabrication annoncée d’un milliard de doses en 2021.

“Une fois qu’on aura les résultats de la phase 2 qui sont attendus en décembre, sans même attendre les résultats de la phase 3, qui seront disponibles en avril-mai de l’année prochaine, on lancera la production”, a précisé Olivier Bogillot, président de Sanofi France ce 13 octobre sur France Info.

Le 15 octobre, le groupe pharmaceutique français a annoncé des résultats positifs chez l’animal (souris et primate) d’une deuxième vaccin à ARN (MRT5500). “L’évaluation préclinique du MRT5500 a montré en particulier qu’il était capable de déclencher la production d’anticorps neutralisant le SARS-CoV-2”, selon Sanofi, qui espère commencer les essais cliniques à la fin de l’année.

Les doses destinées à l’Europe seront fabriquées près de Paris, à Vitry-sur-Seine. “Le prix n’est pas défini. On est en train de mesurer nos coûts de production. Mais on sera à moins de 10 euros”, avait-il encore annoncé début septembre.

Vaccin Johson&Johson (USA) : interrompu temporairement

“Nous avons interrompu temporairement le dosage supplémentaire dans tous nos essais cliniques d’un vaccin expérimental contre le Covid-19, y compris l’ensemble de l’essai de phase 3, en raison d’une maladie inexpliquée chez un participant”, a déclaré le laboratoire Johnson & Johnson, la maison mère de Janssen Pharmaceutica, dans un communiqué publié le 12 octobre. Avant de préciser que ces événements indésirables graves sont “une composante attendue de toute étude clinique, spécialement les études d’ampleur”.

Le recrutement des participants, lancé fin septembre, est stoppé pour le moment. Comme le veut le process, un comité indépendant pour la sécurité des patients a été saisi pour déterminer les causes de l’état de santé du participant.

Les premiers résultats des tests de phase 1/2 menés sur le candidat-vaccin développé par Johnson&Johnson ont été publiés dans la revue Nature fin juillet. Ils montrent que le vaccin expérimental, basé sur un vecteur adénovirus (Ad26.COV2.S) a induit une réponse immunitaire robuste. Les essais de phase 3 ont démarré en septembre.

Vaccin Moderna (USA)

Les laboratoires américains Bioderma, fortement engagés dans la course au vaccin, développent un vaccin à ARN messager (l’ARNm-1273), une technologie innovante qui consiste à injecter un fragment du code génétique du virus pour induire une réponse immunitaire. Bioderma a pris rapidement de l’avance et débuté très tôt les essais de tolérance chez l’homme.

Moderna n’a pas encore déposé de demande d’autorisation mais annonce ce 14 octobre avoir reçu une réponse écrite de l’Agence européenne du médicament qui confirme que son candidat-vaccin, l’ARNm-1273, est admissible à une telle procédure. “Nous nous sommes engagés à développer un vaccin sûr et efficace en suivant les conseils des agences de réglementation et nous poursuivrons notre dialogue permanent avec l’Agence européenne du médicament”, a déclaré Stéphane Bancel, le directeur général de Moderna.

Cela fait suite à la publication de résultats préliminaires encourageants publiés dans le New England of Medicine, et l’annonce fin juillet par la biotech, de l’entrée de son essai en phase finale des essais cliniques, la phase 3. Au vendredi 9 octobre, 28 618 participants ont été inclus dans l’essai clinique mené en partenariat avec le NIH (National Institute of Allergy and Infectious Diseases). Il devrait se terminer le 27 octobre.

Si la formule retenue pour les essais se révélait efficace, Moderna espère obtenir une validation de la FDA (Food and Drug Administration) pour une production dès 2021, de 500 millions de doses par an, et “possiblement jusqu’à 1 milliard”.

Le laboratoire, basé dans l’Etat du Massachussets va déployer ses activités en Europe, via une unité de production implantée en Suisse et un partenariat avec l’Espagne pour le conditionnement et l’expédition des vaccins.

Vaccin AstraZeneka / Université d’Oxford (Royaume-Uni)

Ce vaccin (AZD 1222) actuellement développé par le laboratoire anglais Astra Zeneka en partenariat avec l’Université d’Oxford est l’un des projets occidentaux les plus avancés. Il repose sur une technique appelée ChAdOx1. Les premiers résultats sont encourageants puisque le vaccin a généré “une forte réponse immunitaire”, soulignait l’étude publiée dans la revue The Lancet, fin juillet.

Le vaccin est actuellement testé (phase 2/3) sur plusieurs milliers de volontaires au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du Sud ou encore aux Etats-Unis.

Les chercheurs s’appuient sur la technique du virus vecteur inoffensif (appelée aussi technique du “virus-cargo”). Pour ce faire, ils utilisent un adénovirus  (un virus de rhume constitué d’ADN) de chimpanzé , avant de l’inactiver pour modifier son code génétique dans le but de produire les protéine “S” qui se trouvent à la surface du SARS-CoV-2. En injectant le vaccin, l’objectif est de déclencher une réponse immunitaire contre ces protéines de surface.

Lundi 26 octobre, le laboratoire annonce que son vaccin entraîne une réponse immunitaire encourageante de la part des jeunes adultes et des personnes âgées. Il est encourageant de voir des réponses immunitaires similaires entre les personnes âgées et les jeunes adultes, souligne un porte-parole d’AstraZeneca.

Une annonce rassurante après qu’un volontaire ayant participé aux tests est mort au Brésil, avaient annoncé le 21 octobre des sources officielles. Toutefois elon l’AFP, “l’agence Bloomberg et le journal brésilien O Globo affirment avoir obtenu la confirmation par des sources anonymes liées à ces tests que la victime avait reçu une dose de placebo et non du vaccin en cours d’élaboration”. Aussi, l’Université d’Oxford Oxford a assuré que la phase 3 des tests de ce vaccin allait se poursuivre. “Il n’y a eu aucune inquiétude quant à la sécurité de ces tests cliniques et le comité indépendant, ainsi que l’agence régulatrice brésilienne, ont recommandé la poursuite de ces tests.”

En septembre, l’essai avait par ailleurs été stoppé en raison  de l’apparition d’une maladie “inexpliquée”, avant de reprendre après que la Medicines Health Regulatory Authority (MHRA), un comité d’experts indépendants, ait donné son feu vert.

Selon une déclaration du directeur du groupe Pascal Soriot, le vaccin pourrait être prêt “d’ici la fin de l’année, début de l’année prochaine.” L’Allemagne, la France, l’Italie et le Pays-Bas ont d’ores et déjà signé un accord avec AstraZeneca pour garantir la fourniture à l’Union européenne de 400 millions de doses d’un futur vaccin contre le Covid-19.

Vaccin Novavax (USA)

Jeudi 24 septembre, la société américaine de biotechnologie Novavax a annoncé qu’elle avait commencé au Royaume-Uni un essai clinique de phase 3 de son vaccin expérimental. L’essai a pour objectif d’inclure 10 000 participants. “En raison du haut niveau actuel de transmissions de SARS-CoV-2, et étant donné qu’il continuera probablement à être élevé au Royaume-Uni, nous sommes optimistes quant à un recrutement rapide, ce qui permettrait d’obtenir des résultats à court terme de l’efficacité”, du vaccin de Novavax, a déclaré dans un communiqué Gregory Glenn, directeur de la recherche et du développement.

Novavax a reçu plus de 1,6 milliard de dollars d’argent public américain pour financer la production de 100 millions de doses.

Vaccin Gameleya Research Institute, Spoutnik V (Russie)

“Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré” (…) “je sais qu’il est assez efficace, qu’il donne une immunité durable”. Cette annonce le 11 août dernier de Vladimir Poutine, qui assurait même que sa fille se l’était fait inoculer, avait fait grand bruit et suscité les doutes de la communauté scientifique mondiale. Le porte-parole de l’OMS Christian Lindmeier avait alors précisé que la Russie n’avait rien transmis “d’officiel”.

Ce n’est que début septembre que les chercheurs du Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa ont publié les résultats des phases 1 et 2 de l’essai clinique dans The Lancet. Ce candidat-vaccin, Spoutnik V, entraînerait bien une réponse immunitaire forte sans effet secondaire majeur. Parmi les points d’interrogation, le suivi de très courte durée (42 jours) des participants et les profils des volontaires qui ne seraient pas homogènes. En phase 2, les participants seront suivis au moins jusqu’à J80 et portera sur 40 000 volontaires de différents groupes d’âge et de risque.

Ce vaccin repose -comme pour celui développé par Astra Zeneka – sur l’injection d’un virus vecteur inoffensif. Cette technique a d’ailleurs est également utilisée dans le cadre de la recherche d’un vaccin contre Ebola. Le principe est d’injecter non pas un virus SARS-CoV2 atténué, mais un autre virus, un adénovirus modifié, pour apprendre à l’organisme à combattre le coronavirus. L’adénovirus est en effet capable, une fois dans l’organisme, de synthétiser des protéines dites “S” présentes à la surface des SRAS-CoV-2. Ainsi le système immunitaire apprend à reconnaître cette protéine de surface et à la combattre.

Les vaccins chinois Sinovac Biotech, CanSino, China Biotics, Sinopharm

“Les potentiels vaccins contre le coronavirus actuellement en développement en Chine pourraient être disponibles pour le grand public dès début novembre “, a déclaré ce 14 septembre Guizhen Wu, une représentante du Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies, rapporte l’agence Reuters. Quatre vaccins candidats développés par quatre laboratoires localisés en Chine sont entrés en phase 3.  Guizhen Wu, qui s’est exprimé lors d’un entretien à la télévision publique, a précisé avoir elle-même reçu en avril un vaccin expérimental, sans préciser lequel, et ajouté ne pas avoir connu de symptômes anormaux au cours des derniers mois.

Le laboratoire chinois Sinovac Biotech fait partie des plus avancés. Il travaille sur un vaccin appelé Coronavac. Ce même laboratoire est le premier au monde à avoir mis sur le marché (en 2009) un vaccin contre la grippe porcine H1N1. Bien que ce vaccin n’ait pas été approuvé commercialement, il est déjà proposé dans la province chinoise de Zhejiang après avoir obtenu une autorisation d'”utilisation d’urgence” pour ce vaccin, qui est toujours en cours d’essai clinique de phase 3, auraient annoncé le 15 octobre les autorités. Ces vaccinations d’urgence sont recommandées en priorité aux habitants les plus exposés, comme le personnel médical, les personnes en contact avec le public, les douaniers ou encore les voyageurs devant se rendre dans des pays à risque.

L’enjeu pour la Chine, au-delà de prouver l’efficacité d’un vaccin est de montrer qu’elle peut le produire à grande échelle.  De plus, elle doit tester son vaccin sur des milliers de patients alors même que l’épidémie est quasi éteinte sur le sol chinois. C’est pour cette raison, que l’essai de phase 3 a débuté fin juillet au Brésil, deuxième pays le plus touché au monde. Au total, le vaccin doit être injecté à 9 000 volontaires dans six états brésiliens.

Outre Sinovac, Pékin a approuvé l’essai clinique de trois autres vaccins expérimentaux : l’un lancé par l’Ecole militaire des sciences médicales et le groupe de biotechnologie CanSino ; l’autre par l’Institut de produits biologiques de Wuhan avec Sinopharm et un dernier par le groupe China Biotics.

Le candidat vaccin développé par l’Institut des produits biologiques de Wuhan avec Sinopharm, fait l’objet d’une approbation pour un usage limité. Il s’agit d’un vaccin à virus inactivé. L’étude de phase 1-2 a montré “un faible taux d’effets indésirables” et une production d’anticorps chez les volontaires. La phase 3 est lancée depuis le 14 septembre, avec près de 5 000 volontaires aux Emirats arabes unis, et 2 000 autres au Pérou.

Un vaccin contre le Covid-19 : pour quand ?

Entre effets d’annonces et spéculations relevant plus de la géopolitique que de la science, l’heure est à la prudence.  “Cette phase 3 doit prendre plus de temps car nous devons voir dans quelle mesure le vaccin est réellement protecteur et nous devons également voir dans quelle mesure il est sûr”, a déclaré la porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, lors d’un point de presse à Genève, le 4 septembre. Pour l’heure,  “nous n’avons pas de signal clair quant à savoir s’il a ou non le niveau d’efficacité et de sécurité nécessaire”, a-t-elle prévenu. Aussi, l’OMS n’attend pas de vaccination généralisée avant la mi-2021.

Le 8 septembre dernier, neuf sociétés pharmaceutiques, dont Pfizer, avaient publié une lettre s’engageant à donner la priorité à la sécurité et à maintenir “l’intégrité du processus scientifique” dans leurs efforts pour développer des vaccins.

En parallèle des recherches scientifiques, les laboratoires réfléchissent déjà à la manière dont ils pourront augmenter la production de vaccins et le distribuer au plus grand nombre. En Europe, la Commission européenne multiplie à cet effet les accords avec les firmes pharmaceutiques : avec AstraZeneka pour 400 millions de doses, Sanofi-GSK (300 millions de doses), Johnson&Johnson (300 millions) et récemment CureVac (225 millions). Concrètement, elle finance une partie des coûts supportés par les producteurs de vaccins (acomptes sur les vaccins qui seront effectivement achetés par les Etats membres) en échange du droit de réserver un nombre suffisant de vaccins.

Vaccin Sanofi-GSK (France et Royaume-Uni)

Le Français Sanofi et le laboratoire britannique GSK avancent en duo sur un candidat-vaccin. Sanofi développe un vaccin qui utilise une protéine recombinante déjà employée pour produire un vaccin contre la grippe saisonnière et GSK apporte son expertise sur le développement de l’adjuvant (élément ajouté au vaccin pour améliorer son efficacité pour une moindre dose) .

L’essai clinique de phase 1/2 a démarré début septembre, avec au total, plus de 400 participants recrutés. Sous réserve de données positive à l’issue de cet essai, les deux laboratoires prévoient un passage en phase 3 à la fin de 2020, pour une fabrication annoncée d’un milliard de doses en 2021.

“Une fois qu’on aura les résultats de la phase 2 qui sont attendus en décembre, sans même attendre les résultats de la phase 3, qui seront disponibles en avril-mai de l’année prochaine, on lancera la production”, a précisé Olivier Bogillot, président de Sanofi France ce 13 octobre sur France Info.

Le 15 octobre, le groupe pharmaceutique français a annoncé des résultats positifs chez l’animal (souris et primate) d’une deuxième vaccin à ARN (MRT5500). “L’évaluation préclinique du MRT5500 a montré en particulier qu’il était capable de déclencher la production d’anticorps neutralisant le SARS-CoV-2”, selon Sanofi, qui espère commencer les essais cliniques à la fin de l’année.

Les doses destinées à l’Europe seront fabriquées près de Paris, à Vitry-sur-Seine. “Le prix n’est pas défini. On est en train de mesurer nos coûts de production. Mais on sera à moins de 10 euros”, avait-il encore annoncé début septembre.

Vaccin Pfizer/BioNTech (USA, Allemagne)

C’est une bonne nouvelle : le vaccin développé par le géant pharmaceutique américain Pfizer, partenaire du fabricant de médicaments allemand BioNTech, serait “efficace à 90%”. C’est en tout cas, ce qu’affirment ces deux laboratoires lundi 9 novembre après l’analyse intermédiaire de leur essaie de phase 3. Le communiqué précise que la protection du vaccin a été obtenue 28 jours après la première dose et 7 jours après la deuxième dose.

“Nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid-19”, a déclaré le Président de Pfizer, Albert Bourla.

Les laboratoires prévoient de demander une autorisation d’urgence pour leur vaccin contre le Covid-19 auprès des autorités américaines dès la troisième semaine de novembre. Et si l’approbation réglementaire est obtenue, Pfizer et BioNTech espèrent fournir jusqu’à 50 millions de doses d’ici à la fin de l’année 2020 et environ 1,3 milliard de doses d’ici à la fin 2021.

Si l’étude se révèle concluante, elle permettra de développer le 1er vaccin à base d’ARN messager (ARNm). Ce candidat-vaccin encode pour la plus grande séquence de la protéine S (protéine “spike”), présente à la surface du SARS-CoV-2.

L’étude clinique de phase 2/3, qui a démarré fin juillet avait pour objectif d’inclure plus de 33 000 volontaires âgés de 18 à 85 ans, sur une centaine de sites dans le monde, dont 39 Etats des Etats-Unis, mais également dans des pays où l’on s’attend à une circulation importante du SARS-CoV-2, tels que l’Argentine et le Brésil.

Le 9 septembre, la Commission européenne avait annoncé avoir trouvé un accord préliminaire pour obtenir 200 millions de doses d’un potentiel vaccin contre le coronavirus développé par BioNTech/Pfizer, avec l’option d’en acquérir 100 millions de doses supplémentaires. L’approvisionnement en vaccins pour l’UE serait assuré par les sites de production de BioNTech en Allemagne et de Pfizer en Belgique.

Vaccin Johson&Johson (USA) : interrompu temporairement

“Nous avons interrompu temporairement le dosage supplémentaire dans tous nos essais cliniques d’un vaccin expérimental contre le Covid-19, y compris l’ensemble de l’essai de phase 3, en raison d’une maladie inexpliquée chez un participant”, a déclaré le laboratoire Johnson & Johnson, la maison mère de Janssen Pharmaceutica, dans un communiqué publié le 12 octobre. Avant de préciser que ces événements indésirables graves sont “une composante attendue de toute étude clinique, spécialement les études d’ampleur”.

Le recrutement des participants, lancé fin septembre, est stoppé pour le moment. Comme le veut le process, un comité indépendant pour la sécurité des patients a été saisi pour déterminer les causes de l’état de santé du participant.

Les premiers résultats des tests de phase 1/2 menés sur le candidat-vaccin développé par Johnson&Johnson ont été publiés dans la revue Nature fin juillet. Ils montrent que le vaccin expérimental, basé sur un vecteur adénovirus (Ad26.COV2.S) a induit une réponse immunitaire robuste. Les essais de phase 3 ont démarré en septembre.

Vaccin Moderna (USA)

Les laboratoires américains Bioderma, fortement engagés dans la course au vaccin, développent un vaccin à ARN messager (l’ARNm-1273), une technologie innovante qui consiste à injecter un fragment du code génétique du virus pour induire une réponse immunitaire. Bioderma a pris rapidement de l’avance et débuté très tôt les essais de tolérance chez l’homme.

Moderna n’a pas encore déposé de demande d’autorisation mais annonce ce 14 octobre avoir reçu une réponse écrite de l’Agence européenne du médicament qui confirme que son candidat-vaccin, l’ARNm-1273, est admissible à une telle procédure. “Nous nous sommes engagés à développer un vaccin sûr et efficace en suivant les conseils des agences de réglementation et nous poursuivrons notre dialogue permanent avec l’Agence européenne du médicament”, a déclaré Stéphane Bancel, le directeur général de Moderna.

Cela fait suite à la publication de résultats préliminaires encourageants publiés dans le New England of Medicine, et l’annonce fin juillet par la biotech, de l’entrée de son essai en phase finale des essais cliniques, la phase 3. Au vendredi 9 octobre, 28 618 participants ont été inclus dans l’essai clinique mené en partenariat avec le NIH (National Institute of Allergy and Infectious Diseases). Il devrait se terminer le 27 octobre.

Si la formule retenue pour les essais se révélait efficace, Moderna espère obtenir une validation de la FDA (Food and Drug Administration) pour une production dès 2021, de 500 millions de doses par an, et “possiblement jusqu’à 1 milliard”.

Le laboratoire, basé dans l’Etat du Massachussets va déployer ses activités en Europe, via une unité de production implantée en Suisse et un partenariat avec l’Espagne pour le conditionnement et l’expédition des vaccins.

Vaccin AstraZeneka / Université d’Oxford (Royaume-Uni)

Ce vaccin (AZD 1222) actuellement développé par le laboratoire anglais Astra Zeneka en partenariat avec l’Université d’Oxford est l’un des projets occidentaux les plus avancés. Il repose sur une technique appelée ChAdOx1. Les premiers résultats sont encourageants puisque le vaccin a généré “une forte réponse immunitaire”, soulignait l’étude publiée dans la revue The Lancet, fin juillet.

Le vaccin est actuellement testé (phase 2/3) sur plusieurs milliers de volontaires au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du Sud ou encore aux Etats-Unis.

Les chercheurs s’appuient sur la technique du virus vecteur inoffensif (appelée aussi technique du “virus-cargo”). Pour ce faire, ils utilisent un adénovirus  (un virus de rhume constitué d’ADN) de chimpanzé , avant de l’inactiver pour modifier son code génétique dans le but de produire les protéine “S” qui se trouvent à la surface du SARS-CoV-2. En injectant le vaccin, l’objectif est de déclencher une réponse immunitaire contre ces protéines de surface.

Lundi 26 octobre, le laboratoire annonce que son vaccin entraîne une réponse immunitaire encourageante de la part des jeunes adultes et des personnes âgées. Il est encourageant de voir des réponses immunitaires similaires entre les personnes âgées et les jeunes adultes, souligne un porte-parole d’AstraZeneca.

Une annonce rassurante après qu’un volontaire ayant participé aux tests est mort au Brésil, avaient annoncé le 21 octobre des sources officielles. Toutefois elon l’AFP, “l’agence Bloomberg et le journal brésilien O Globo affirment avoir obtenu la confirmation par des sources anonymes liées à ces tests que la victime avait reçu une dose de placebo et non du vaccin en cours d’élaboration”. Aussi, l’Université d’Oxford Oxford a assuré que la phase 3 des tests de ce vaccin allait se poursuivre. “Il n’y a eu aucune inquiétude quant à la sécurité de ces tests cliniques et le comité indépendant, ainsi que l’agence régulatrice brésilienne, ont recommandé la poursuite de ces tests.”

En septembre, l’essai avait par ailleurs été stoppé en raison  de l’apparition d’une maladie “inexpliquée”, avant de reprendre après que la Medicines Health Regulatory Authority (MHRA), un comité d’experts indépendants, ait donné son feu vert.

Selon une déclaration du directeur du groupe Pascal Soriot, le vaccin pourrait être prêt “d’ici la fin de l’année, début de l’année prochaine.” L’Allemagne, la France, l’Italie et le Pays-Bas ont d’ores et déjà signé un accord avec AstraZeneca pour garantir la fourniture à l’Union européenne de 400 millions de doses d’un futur vaccin contre le Covid-19.

Vaccin Novavax (USA)

Jeudi 24 septembre, la société américaine de biotechnologie Novavax a annoncé qu’elle avait commencé au Royaume-Uni un essai clinique de phase 3 de son vaccin expérimental. L’essai a pour objectif d’inclure 10 000 participants. “En raison du haut niveau actuel de transmissions de SARS-CoV-2, et étant donné qu’il continuera probablement à être élevé au Royaume-Uni, nous sommes optimistes quant à un recrutement rapide, ce qui permettrait d’obtenir des résultats à court terme de l’efficacité”, du vaccin de Novavax, a déclaré dans un communiqué Gregory Glenn, directeur de la recherche et du développement.

Novavax a reçu plus de 1,6 milliard de dollars d’argent public américain pour financer la production de 100 millions de doses.

Vaccin Gameleya Research Institute, Spoutnik V (Russie)

“Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré” (…) “je sais qu’il est assez efficace, qu’il donne une immunité durable”. Cette annonce le 11 août dernier de Vladimir Poutine, qui assurait même que sa fille se l’était fait inoculer, avait fait grand bruit et suscité les doutes de la communauté scientifique mondiale. Le porte-parole de l’OMS Christian Lindmeier avait alors précisé que la Russie n’avait rien transmis “d’officiel”.

Ce n’est que début septembre que les chercheurs du Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa ont publié les résultats des phases 1 et 2 de l’essai clinique dans The Lancet. Ce candidat-vaccin, Spoutnik V, entraînerait bien une réponse immunitaire forte sans effet secondaire majeur. Parmi les points d’interrogation, le suivi de très courte durée (42 jours) des participants et les profils des volontaires qui ne seraient pas homogènes. En phase 2, les participants seront suivis au moins jusqu’à J80 et portera sur 40 000 volontaires de différents groupes d’âge et de risque.

Ce vaccin repose -comme pour celui développé par Astra Zeneka – sur l’injection d’un virus vecteur inoffensif. Cette technique a d’ailleurs est également utilisée dans le cadre de la recherche d’un vaccin contre Ebola. Le principe est d’injecter non pas un virus SARS-CoV2 atténué, mais un autre virus, un adénovirus modifié, pour apprendre à l’organisme à combattre le coronavirus. L’adénovirus est en effet capable, une fois dans l’organisme, de synthétiser des protéines dites “S” présentes à la surface des SRAS-CoV-2. Ainsi le système immunitaire apprend à reconnaître cette protéine de surface et à la combattre.

Les vaccins chinois Sinovac Biotech, CanSino, China Biotics, Sinopharm

“Les potentiels vaccins contre le coronavirus actuellement en développement en Chine pourraient être disponibles pour le grand public dès début novembre“, a déclaré ce 14 septembre Guizhen Wu, une représentante du Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies, rapporte l’agence Reuters. Quatre vaccins candidats développés par quatre laboratoires localisés en Chine sont entrés en phase 3.  Guizhen Wu, qui s’est exprimé lors d’un entretien à la télévision publique, a précisé avoir elle-même reçu en avril un vaccin expérimental, sans préciser lequel, et ajouté ne pas avoir connu de symptômes anormaux au cours des derniers mois.

Le laboratoire chinois Sinovac Biotech fait partie des plus avancés. Il travaille sur un vaccin appelé Coronavac. Ce même laboratoire est le premier au monde à avoir mis sur le marché (en 2009) un vaccin contre la grippe porcine H1N1. Bien que ce vaccin n’ait pas été approuvé commercialement, il est déjà proposé dans la province chinoise de Zhejiang après avoir obtenu une autorisation d'”utilisation d’urgence” pour ce vaccin, qui est toujours en cours d’essai clinique de phase 3, auraient annoncé le 15 octobre les autorités. Ces vaccinations d’urgence sont recommandées en priorité aux habitants les plus exposés, comme le personnel médical, les personnes en contact avec le public, les douaniers ou encore les voyageurs devant se rendre dans des pays à risque.

L’enjeu pour la Chine, au-delà de prouver l’efficacité d’un vaccin est de montrer qu’elle peut le produire à grande échelle.  De plus, elle doit tester son vaccin sur des milliers de patients alors même que l’épidémie est quasi éteinte sur le sol chinois. C’est pour cette raison, que l’essai de phase 3 a débuté fin juillet au Brésil, deuxième pays le plus touché au monde. Au total, le vaccin doit être injecté à 9 000 volontaires dans six états brésiliens.

Outre Sinovac, Pékin a approuvé l’essai clinique de trois autres vaccins expérimentaux : l’un lancé par l’Ecole militaire des sciences médicales et le groupe de biotechnologie CanSino ; l’autre par l’Institut de produits biologiques de Wuhan avec Sinopharm et un dernier par le groupe China Biotics.

Le candidat vaccin développé par l’Institut des produits biologiques de Wuhan avec Sinopharm, fait l’objet d’une approbation pour un usage limité. Il s’agit d’un vaccin à virus inactivé. L’étude de phase 1-2 a montré “un faible taux d’effets indésirables” et une production d’anticorps chez les volontaires. La phase 3 est lancée depuis le 14 septembre, avec près de 5 000 volontaires aux Emirats arabes unis, et 2 000 autres au Pérou.

Un vaccin contre le Covid-19 : pour quand ?

Entre effets d’annonces et spéculations relevant plus de la géopolitique que de la science, l’heure est à la prudence.  “Cette phase 3 doit prendre plus de temps car nous devons voir dans quelle mesure le vaccin est réellement protecteur et nous devons également voir dans quelle mesure il est sûr”, a déclaré la porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, lors d’un point de presse à Genève, le 4 septembre. Pour l’heure,  “nous n’avons pas de signal clair quant à savoir s’il a ou non le niveau d’efficacité et de sécurité nécessaire”, a-t-elle prévenu. Aussi, l’OMS n’attend pas de vaccination généralisée avant la mi-2021.

Le 8 septembre dernier, neuf sociétés pharmaceutiques, dont Pfizer, avaient publié une lettre s’engageant à donner la priorité à la sécurité et à maintenir “l’intégrité du processus scientifique” dans leurs efforts pour développer des vaccins.

En parallèle des recherches scientifiques, les laboratoires réfléchissent déjà à la manière dont ils pourront augmenter la production de vaccins et le distribuer au plus grand nombre. En Europe, la Commission européenne multiplie à cet effet les accords avec les firmes pharmaceutiques : avec AstraZeneka pour 400 millions de doses, Sanofi-GSK (300 millions de doses), Johnson&Johnson (300 millions) et récemment CureVac (225 millions). Concrètement, elle finance une partie des coûts supportés par les producteurs de vaccins (acomptes sur les vaccins qui seront effectivement achetés par les Etats membres) en échange du droit de réserver un nombre suffisant de vaccins.

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