Covid-19 et Noël : pourquoi faire un test avant le réveillon n’est pas une bonne idée ?

0
10


Comment organiser des fêtes “Covid-compatibles” ? Ce jeudi, le gouvernement a recommandé de ne pas dépasser le nombre de 6 adultes à table et mis en garde les Français qui souhaiteraient se faire tester avant de partager un repas. Explications.  

“Les conditions climatiques ne vont pas s’améliorer et les fêtes vont favoriser les contacts, ce sont des périodes à risque”, a expliqué Jean Castex jeudi 10 décembre, à l’occasion d’une conférence de presse d’étape sur la crise sanitaire due au coronavirus.

Le Premier ministre a été clair : la situation ne va pas s’améliorer : “Nous ne serons pas au 15 décembre à l’objectif des 5 000 cas par jour”. Néanmoins, le gouvernement a fait le choix d’adapter les mesures de confinement “pour que chacun puisse profiter des vacances” mais “sans s’exposer à un risque de rebond épidémique”, et in fine “éviter un 3e confinement.”

Pas de couvre-feu le soir de Noël, pas plus de 6 personnes

A partir du 15 décembre donc, il sera bien possible de se déplacer de nouveau sans attestation, y compris entre régions. Néanmoins un couvre-feu sera mis en place le soir et la nuit de 20h à 6h du matin.

Au sujet des fêtes de fin d’année, Jean Castex a estimé que Noël “occupe une place à part dans nos vies et dans nos traditions”. C’est pourquoi l’exception du couvre-feu sera bien maintenue le 24 décembre au soir. A condition toutefois d’être “raisonnable” et de respecter la jauge de 6 personnes à table, sans compter les enfants.

En revanche, en ce qui concerne le 31 décembre, le gouvernement estime que c’est un moment “festif”, qui “concentre tous les ingrédients d’un rebond épidémique“. C’est pourquoi le Nouvel An ne bénéficiera finalement pas d’une exception au couvre-feu, contrairement à ce qui avait été initialement envisagé. Il sera néanmoins possible de se retrouver avant 20h, “dans la limite de 6 personnes”, a précisé Jean Castex.

Pas de test avant le réveillon, pourquoi ?

Faut-il se faire tester avant les fêtes, avant de se rendre dans sa famille ? “Cela peut paraître une bonne idée, mais il y a un risque de sur-protection surtout quand on n’est pas symptomatique, a justifié Olivier Véran ce 10 décembre, avant de préciser : “avoir un test négatif quand on est asymptomatique ne signifie pas qu’on est pas porteur du virus.”

Le ministre de la Santé évoque ici les faux négatifs, c’est dire les personnes dont le test est négatif alors qu’elles sont porteuses du virus, donc positives. Ce risque étant plus élevé avec les tests antigéniques. Selon la Haute autorité de santé (HAS), ces derniers sont moins sensibles que les tests PCR de référence : en cas de résultat négatif, le résultat est fiable dans 80% des cas avec un test antigénique, alors qu’il est fiable à 95 % avec un test classique. Autrement dit, le pourcentage de “faux négatifs” est plus élevé avec les tests antigéniques rapides, 20% donc.

En pratique, ce chiffre de 20% de faux négatifs avec les tests antigéniques pourrait même être plus élevé, jusqu’à 30%, soit 1 personne sur 3 qui ne serait pas dépistée.

La HAS, qui n’a pas pour mission d’examiner les tests commercialisés un par un, a par ailleurs confirmé lors d’une conférence de presse le 5 décembre, qu’il existe une “hétérogénéité” dans les tests antigéniques disponibles sur le marché, “certains ont des bonnes performances, d’autres non”.

Le risque ? Se sentir rassuré après avoir reçu un test négatif et relâcher les gestes barrière. Le ministre de la Santé a d’ailleurs pris un exemple jeudi soir : “Le risque serait que 20 personnes qui ont prévu de partager un repas, décident de se faire tester, ayant confiance se retrouvent à table, arrêtent les gestes barrière, ne portent pas le masque, partagent le même foyer pendant plusieurs jours avec des personnes fragiles, pensant ne rien risquer alors que le virus est là et que le risque de transmission est réel.”

Pour résumer, un test négatif ne doit rien changer aux comportements et gestes barrières. “Si vous avez un doute ou si vous vous rendez auprès d’une personne vulnérable, vous pouvez vous faire tester mais n’utilisez pas le test comme un totem d’immunité, c’est risqué pour vous, pour vos proches et pour tous ceux qui auront réellement besoin de se faire tester parce qu’ils seront malades ou cas contact.”

Car le ministre de la Santé craint un engorgement des laboratoires ou des pharmacies, dans l’hypothèse où 15 ou 20 millions de français décidaient de se faire tester dans l’urgence avant d’aller partager le repas de Noël. “Aucune structure sanitaire au monde ne serait capable d’y faire face, quand bien même nous sommes l’un de pays qui testons le plus actuellement.”

Le conseil du gouvernement ? Limiter les interactions 5 jours avant le réveillon.

Solitude des personnes âgées ou respect des gestes barrières ?

Une enquête Ifop commandée par Odero révèle que les Français ont moins envie de partir qu’en 2019 : seuls 11% comptent se déplacer, contre 24% l’année dernière.

En 2019, la moyenne d’adultes par foyer était de 9 personnes. Cette année ? On mise sur 5. Il y aura moins de grandes tablées, 68% des Français prévoient de fêter Noël en comité restreint et la moitié d’entre eux comptent voir leurs aînés lors des fêtes. Conséquence : il y aura davantage de gens seuls à Noël : 10% cette année, contre 6% l’année passée. Cela concernera essentiellement les Français déjà largement isolés comme les catégories les plus pauvres de la population, les personnes ayant vécu le confinement seules ou encore les personnes âgées. D’ailleurs, 44% de ceux ayant l’habitude de fêter Noël avec des personnes âgées déclarent avoir décidé de ne pas le faire cette année.

Et du côté des gestes barrières ? La bise sera proscrite par 80% des sondés. Se laver les mains avant les repas sera la norme pour 94% des Français et les pièces seront aérées plusieurs fois chaque jour par 87% d’entre eux.

Lire aussi :

Inscrivez-vous à la Newsletter Top Santé et recevez gratuitement votre livret de recettes légères et gourmandes

Dépistage sérologique Coronavirus

  • Consultation médicale sans rendez-vous avec ordonnance si nécessaire, pour un test sérologique Coronavirus
  • Analyses en laboratoire remboursées sur ordonnance uniquement
  • Interprétation des résultats et échanges illimités avec le médecin dans le cadre de la consultation



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here