C’est probablement le dinosaure le plus étrange jamais découvert

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Des «spaghettis» dressés sur les épaules, une pseudo-fourrure colorée sur le dos … Ubirajara jubatus, qui vivait il y a 110 millions d’années au Crétacé inférieur (Aptien), ne ressemblait décidément à aucun de ses congénères.

Des dinosaures étranges, les paléontologues en ont vu passer des dizaines. Il y a le Kosmoceratops, avec une tête ornée d’un éventail psychédélique de rabats et de cornes. Le Therizinosaurus («lézard faucheur»), un théropode avec de longues griffes en forme de faucilles ressemblant vaguement à la marionnette du gros oiseau jaune Toccata de Rue de Sesame. Ou encore Qianzhousaurus, surnommé «Pinocchio rex» en raison de son museau démesuré. Maïs Ubirajara jubatus, qui vient d’être décrit dans la revue Recherche sur le Crétacé, «Ne ressemble à aucun autre», jure David Martill, paléontologue à l’université de Portsmouth en Angleterre et coauteur de l’étude décrivant ce spécimen.

Ongles géants

De la taille d’un poulet, Ubirajara jubatus arborait une longue crinière en fourrure le long du dos et des membres supérieurs, ainsi que des sortes de «spaghettis géants» établis sur ses épaules. Une très étrange structure encore jamais vue chez un dinosaure non aviaire et qui pourrait avoir servi à la parade nuptiale, à afficher une rivalité masculine, ou encore à effrayer l’ennemi. Ce qui conduit les scientifiques à penser que le fossile examiné est celui d’un mâle.

Beaucoup de dinosaures avaient des crêtes osseuses, des épines et autres ornements à la structure osseuse ou cartilagineuse, mais les rubans rigides d ‘Ubirajara jubatus étaient eux probablement en kératine, la même substance qui constitue les écailles et les ongles. « La kératine est une bien meilleure alternative pour un petit animal comme celui-ci. Elle est moins coûteuse à produire énergétiquement, plus légère, flexible, et peut être remplacée régulièrement si elle est endommagée ». Ces rubans rigides font davantage penser à des plumes de paon, connu lui aussi pour son petit spectacle destiné à impressionner les autres mâles et les femelles.

Poulet chevelu

Autre étrangeté, sa longue crinière en simili-fourrure. Celle-ci recouvrait une grande partie du dos ainsi que ses membres supérieurs. Mais contrairement aux dinosaures à plumes, cette fourrure était en réalité constituée de «proto-plumes», une forme rudimentaire de plume qui donnait à ce dinosaure un aspect chevelu. À l’instar des poils, ces proto-plumes étaient contrôlés par les muscles, ce qui lui permettait de se lever, de la même manière qu’un porc-épic hérisse ses épines lorsqu’il se sent menacé. À l’inverse, la fourrure pouvait se rabattre pour éviter d’emmêler ses poils dans la végétation. « Cette capacité à moduler la couverture de son corps lui permettait aussi de capturer ou libérer la chaleur », Explique David Martill.

Ubirajara jubatus est le premier dinosaure non aviaire du Gondwana, trouvé dans la région nord-est du Brésil riche en fossiles. Âgé de 110 millions d’années, il appartient en réalité au groupe des Compsognathus, des dinosaures européens du Jurassique. Le fossile s’est finalement retrouvé au Musée d’histoire naturelle de Karlsruhe en 1995, d’où les chercheurs ont récemment exhumé pour l’étudier plus en profondeur.

Un étrange dinosaure autruche découvert en Chine

Article de Laurent Sacco publié le 28/07/2017

Un nouveau dinosaure, cousin proche de l’oviraptor, a été découvert et décrit par des paléontologues chinois. Baptisé Corythoraptor jacobsi, il devait probablement ressembler aux casoars d’Australie et de Nouvelle-Guinée.

Depuis les années 1990, la Chine a livré bon nombre de fossiles de dinosaures montrent clairement la présence de plumes chez certains de ces terribles lézards et justifiant la connexion (reconnu dès le XIXe siècle) entre les dinosaures et les oiseaux. Un article publié dans le célèbre journal Rapports scientifiques le démontre à nouveau. Il fait état de la découverte d’un nouvel oviraptoridé, un membre d’une fameuse famille éteinte de dinosaures théropodes à plumes dont l’un des plus connus est, bien sûr, l ‘oviraptor.

Les restes fossilisés de ce dinosaure ont été déterrés en 2015 non loin de Canton (Guangzhou), la capitale de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine. Presque complets, ils révèlent un animal d’environ 1,6 mètre de haut, taillé pour la course bipède à la façon des autruches modernes. Celui-ci est mort alors qu’il était un jeune adulte âgé d’au moins 8 ans, pendant le Crétacé supérieur, c’est-à-dire il y a entre 100 et 66 millions d’années.

Corythoraptor jacobsi, un dinosaure à crête comme les casoars

L’animal se signale par la présence d’une crête osseuse de 15 cm de haut. Compte tenu de son aspect général, il devait probablement ressembler beaucoup au casoar unicaronculé (Casuarius unappendiculatus), une espèce d’oiseaux qui vit au nord de la Nouvelle-Guinée, ou encore au casoar à casque (Casuarius casuarius), d’Australie et d’Indonésie. Bien que craintifs, les casoars sont dangereux car leurs pattes sont équipés d’une griffe longue qui peut infliger des blessures comparables à celles laissées par un poignard.

Le nouveau dinosaure a été baptisé Corythoraptor jacobsi en l’honneur du professeur Louis L. Jacobs (ce paléontologue états-unien a été le mentor de trois des paléontologues chinois alors qu’ils étaient doctorants dans une université à Dallas, au Texas). Sa crête et ses similitudes avec le casoar laissent penser que cette partie du corps devait servir pour la parade, et donc pour la reproduction, et que, plus global, les modes de vie des deux types d’être comparables.

Pour séduire, des dinosaures-autruches montraient leurs ailes!

Article de Quentin Mauguit publié le 26/10/2012

Événement rare, des dinosaures-autruches à plumes ont été trouvés au Canada. L’un d’entre eux, un adulte ne pouvant pas voler, possédait même ce qui semble être des ailes. Elles sont donc originellement servir durant la séquence séduction!

Ce n’est plus un secret, de nombreux dinosaures, apparents ou non aux oiseaux actuels, possédaient des panaches depuis le Trias. Cette affirmation repose sur la découverte de plusieurs fossiles clés en Chine, dans la province du Liaoning, et en Allemagne, notamment en Bavière. Les conditions requises pour la conservation des protoplumes sont drastiques: l’animal doit avoir été enfoui dans des sédiments boueux (donc à grains fins), dans des eaux calmes, par exemple au fond de lacs ou de lagons. Du moins, c’est ce que l’on croyait jusqu’à présent …

Trois dinosaures arborant différents types de plumes primitifs viennent en effet d’être découverts dans un ancien chenal fluvial situé au Canada, dans la province d’Alberta. Les fossiles extraits du grès dateraient du Crétacé supérieur, soit environ 75 millions d’années. Ils appartiendraient à la famille des ornithomimidés, les dinosaures-autruches. Aucune structure tégumentaire particulière n’avait été visitée au sein de ce groupe auparavant. Des antérieurs ressemblant à des membres ont également été observés.

Les trois squelettes appartenaient à des individus d’âges différents parmi lesquels figure un juvénile qui aurait vécu qu’un an. Darla Zelenitsky de l ‘Université de Calgary, une étude de l’évolution du plumage durant le développement de l’échéance jusqu’à l’âge adulte. Dans la revue Science, elle confirme un fait supposé: le développement des premières ailes au cours de l’histoire n’est pas en lien avec le vol!

Les premières ailes? Un outil de séduction pour dinosaures

Les dinosaures trouvés étaient des Ornithomimus edmontonicus, des théropodes herbivores et bien sûr bipèdes. Le jeune et les adultes possédaient des filaments intratégumentaires (sortant de la peau) assimilés à des plumes primitives sur l’ensemble de leur corps. Ces structures mesuraient environ 50 mm de long et 0,5 mm de diamètre. Aucune différence notable n’a été trouvée par rapport aux protoplumes découvertes en Chine, par exemple.

Le deuxième dinosaure adulte possédait en plus de véritables plumes composées d’un axe rigide (1,5 mm de diamètre) et parfois de barbules sur ses membres antérieurs. Ils avaient ainsi représenté d’ailes. Plus de 70 traces ont été dénombrées sur le cubitus (ou cubitus). Ou, Ornithomimus edmontonicus pouvait atteindre 3,8 m de long, son poids et sa taille étaient donc l’empêcher de voler. À quoi servaient donc ces ailes primitives ?

Se développer après l’acquisition de la maturité sexuelle, il est probable qu’elles étaient utilisées durant des comportements de reproduction, par exemple lors des parades amoureuses ou pour la protection de sa progéniture. Leur rôle dans la thermorégulation ou dans le vol se développerait plus tard au cours de l’évolution. Il s’agirait d’un phénomène d ‘exaptation : la fonction finalement remplie par une adaptation ne correspondrait pas à son premier.

L’apparition de structures anatomiques comparables aux ailes actuelles chez les ornithomimosaures, grâce notamment à la présence de longues plumes et de filaments, démontre un autre fait: elles seraient apparues plus tôt que prévu au cours de l’histoire évolutive des théropodes. La découverte de plumes conservées dans le grès serait également lourde de conséquences. On pourrait en effet trouver bien plus de dinosaures à plumes dans le monde qu’on ne le pensait jusqu’alors.

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